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Quelque chose a-t-il survécu ? (Hommage à Calbo d'‪Arsenik‬) by DNLC

Le 14/04/2026 à 18:10


DNLC — Quelque chose a-t-il survécu ? PART II

Hommage à Calbo d'Arsenik | Café de la Pêche, Montreuil | 14 janvier
Avec la participation entre autre de R.A.N.I pour ENLIVEDUFER


Le moteur n'a jamais calé.
Il y a des soirs où tu montes dans une bagnole sans savoir où elle va t'emmener, et tu redescends avec le pare-brise fissuré et les larmes séchées sur le tableau de bord. Le 14 janvier au Café de la Pêche à Montreuil, l'émission DNLC — Disons Nous Les Choses — a remis le contact une dernière fois en hommage à Calbo d'Ärsenik. Et cette caisse-là, elle roulait sur du carburant pur.
Régime moteur.
Dès les premiers tours de roue, on sentait que la soirée ne serait pas une simple balade du dimanche. Farah Bir et Timox de Roadtrap tenaient le volant avec cette assurance calme des pilotes qui connaissent chaque virage de la route. Pas de chichis, pas de frime au compteur : juste la ligne droite de la vérité, ce credo qui a toujours animé DNLC. Disons-nous les choses. La jauge à carburant dans le rouge, mais on avance quand même.
Khoumbaré Semafa a pris la parole comme on enclenche un rapport supérieur — sans à-coups, avec cette puissance tranquille qui fait vibrer la carrosserie de l'intérieur. Pauline Raignault et Walid Anflous, eux, ont tenu la route côté cœur, ces co-pilotes indispensables qu'on ne remercie jamais assez et sans qui le bolide part en tête-à-queue. Et puis il y avait Frédéric Bride, dit Bouboule, ce mécano de l'ombre qui connaît chaque boulon de la machine : sa présence cette nuit-là, c'était le bruit du moteur bien réglé qu'on reconnaît entre mille.
Calbo était en plein phare ce soir.
On ne parle pas de quelqu'un qui est parti au garage sans revenir. On parle d'un conducteur qui a laissé ses traces de pneus gravées dans l'asphalte de la culture urbaine française. Calbo d'Ärsenik, c'était ce bolide qu'on n'attendait pas dans la course et qui doublait tout le monde sur la file de droite — sans klaxon, avec classe. 

Ce soir-là, la scène du Café de la Pêche était sa carrosserie chromée : chaque mot prononcé en son nom était un coup de polish sur un souvenir qu'on refuse de laisser rouiller.
La question du soir.
Quelque chose a-t-il survécu ? Part II  C'est la question que DNLC posait, le nez dans le capot ouvert. 


Et la réponse, on l'a entendue dans les silences autant que dans les prises de parole : oui. La transmission tient. La culture, le rap, l'authenticité — cette mécanique exigeante qu' Ärsenik a toujours défendue — continue de faire tourner des pistons dans des dizaines de têtes et de micros. La chaîne de distribution n'est pas cassée. Elle demande juste à être entretenue, et des soirées comme celle-là, c'est exactement ça : révision complète, vidange des silences, remise en état de marche.
On remet le contact.


DNLC a prouvé ce soir que l'émission n'est pas une vieille épave bonne pour la casse. C'est une berline qui tient la distance, qui absorbe les nids-de-poule du deuil et les dos-d'âne de l'émotion sans perdre l'adhérence. R.A.N.I était là pour vous le rapporter, depuis les paddocks du Café de la Pêche, moteur chaud, fenêtre ouverte, l'odeur de Montreuil dans les narines.

À Calbo. 


Roulez!

Reportage réalisé pour DNLC — la culture urbaine au rythme de ceux qui la font tourner.

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