CARVERSATION AVEC SINGUILA
CARVERSATION AVEC SINGUILA
Ceci n'est pas une interview. C'est une Carversation.
Il y a des artistes qu'on croit connaitre parce qu'on a grandi avec leurs sons. Singuila est de ceux-là. Sa voix, ses mélodies, ses textes, on les a portés sans toujours savoir ce qu'il y avait derrière l'homme. Aujourd'hui, Rani l'installe dans l'habitacle, coupe le bruit du monde extérieur, et laisse rouler la conversation.
Bienvenue dans la Carversation by ENLIVEDUFER.
Un fils de deux continents élevé entre Suresnes et Pontoise
Bedaya N'Garo Singuila. C'est le nom complet. Un nom qui porte l'Afrique centrale en lui : des origines centrafricaines et congolaises, une naissance à Suresnes en 1977, et une enfance à Pontoise. Singuila — qui signifie "merci" en sango, la langue de Centrafrique c'est d'abord une histoire de frontières traversées, de cultures mélangées, de quartiers qui forgent autant qu'ils étouffent.
Ce n'est pas un artiste sorti d'une école de musique ou d'un casting télévisé. C'est un gars du coin qui a commencé à triturer le matériel de son grand frère avant de comprendre qu'il avait quelque chose à dire. Et quelque chose à chanter.
Le Secteur A, la compilation Indigo, et les racines qu'on oublie trop souvent
Avant les charts et les radios, Singuila fait ses classes dans le groupe Psyché à Cergy-Pontoise. Puis il rejoint la dernière mouture du Secteur Ä à la fin des années 1990. Un des collectifs les plus importants que la France ait produits. Passi, Ärsenik, Lino, Calbo, Neg Marrons, Stomy Bugsy, Doc Gynéco. Des noms qui résonnent encore aujourd'hui.
C'est là qu'il se fait remarquer, notamment sur la compilation Indigo avec le titre "Comme personne", qui pose les premières bases de son identité artistique. L'environnement est exigeant, sans concession. Le rap comme école. Le Secteur Ä comme terrain d'apprentissage.
Puis vient le moment de trancher : rester dans le collectif ou prendre son propre envol vers le R&B. Il choisit la deuxième option. Et il a eu raison.
"On ne vit qu'une fois" : le décollage
- Singuila sort son premier album solo sur le label Secteur Ä. Le titre est déjà tout un programme. A l'intérieur, des titres qui vont marquer les ondes : "Ma Conscience", "C'est trop" (numéro 6 des charts), "Aïcha". Le grand public découvre une voix, un style, une sensibilité que le R&B français n'avait pas encore portée de cette façon-là.
L'album accueille des featurings de poids : Lino et Jacky des Neg Marrons. On est encore dans l'orbite du Secteur Ä, mais Singuila impose déjà quelque chose de distinct. Il ne chante pas le ghetto pour en faire une esthétique. Il chante l'amour, les doutes, les émotions d'une génération urbaine qui n'avait pas encore vraiment eu ses ambassadeurs dans le R&B à la française.
Ghetto Compositeur, Ça Fait Mal, et une carrière qui s'installe dans la durée
2006 : "Ghetto Compositeur". Un titre qui dit beaucoup sur qui il est. Ni dans le showbiz conventionnel, ni dans le rap hardcore. Quelque part au croisement, là où la mélodie rencontre la rue. L'album livre "Le temps passe trop vite" et "Ma nature".
2009 : "Ça Fait Mal" confirme que la durée n'est pas une question de hasard. "J'suis K.O" avec Marc Antoine, "Reviens je t'en prie", des titres qui continuent d'alimenter les playlists nostalgiques et les souvenirs de ceux qui ont grandi avec.
La suite se poursuit en dehors des albums : "Sang chaud" en 2011, "Ma liberté" en 2014, "Retour de flamme" en 2016, "Rossignol" avec Youssoupha, "Ay mama" en 2017. Puis "Docteur Love" en 2021, son cinquième album studio. Singuila ne disparait jamais vraiment. Il revient, il s'adapte, il s'ouvre vers l'Afrique et les sonorités afro, il reste lui-même.
En 2024, sa participation au projet "Héritage" de Dadju et Tayc est un carton. Ses deux Olympia partent en 24 heures. Le Zénith de Paris suit. L'homme est de retour sur le devant de la scène, plus fort que jamais.
Dans la voiture avec Rani : ce que la Carversation révèle
La Carversation, c'est le format qu'ENLIVEDUFER a mis des années à affiner. Ce n'est pas une interview debout dans une loge, ni un échange froid face caméra dans un studio. C'est la route, le mouvement, la proximité. Dans ce cadre, les artistes parlent différemment. Ils se souviennent. Ils lâchent ce qu'ils retiennent ailleurs.
Avec Singuila, la discussion prend une dimension particulière. L'homme a traversé plusieurs époques du paysage musical français. Il a connu le collectif avant la carrière solo. Il a touché les charts sans jamais renier d'où il venait. Il a vu le R&B français évoluer, se réinventer, parfois se perdre.
Dans la Carversation, il parle de tout ça. Des origines, du Secteur Ä, de la transition vers le R&B, des albums, des collaborations, de ce que signifie tenir dans ce métier sur le long terme. Rani pose les questions que les fans veulent entendre, et Singuila répond sans se cacher derrière une image.
Un artiste rare, une Carversation qui compte
Singuila ne fait pas partie des artistes qu'on voit partout en permanence. C'est peut-être pour ça que quand il parle, ça compte. Quand il prend le temps d'une Carversation avec ENLIVEDUFER, c'est un vrai moment. Pas une promo mécanique. Pas une tournée de médias pour pousser un single. Une vraie conversation entre deux hommes qui aiment la musique et respectent l'histoire qu'elle porte.
La Carversation avec Singuila, c'est exactement ce pour quoi ENLIVEDUFER a été créé : donner la parole à ceux qui ont construit le son urbain français, dans un format qui leur ressemble, sans filtre et sans forfaiture.
Toutes les deux semaines, le lundi à 18h, c'est la Carversation by ENLIVEDUFER.
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